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Reportages
- 2007 |
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Gumpert Apollo sur le circuit de Bresse: Temoignage d'un heureux passionne !
Texte: Franck Guglielmazzi - Photos: Frederic L'Huillier
Depuis les balbutiements de l'automobile, il existe des voitures qui, dans le coeur d'un passionne, sont des mythes quasi-inaccessibles.
Inaccessibles de par leur prix, leurs performances, leur confidentialite ou l'immense dose d'humilite qu'elles requierent. Ces voitures, modernes ou anciennes, que l'on appelle des Supercars.
Certaines marques, porteuses a elles seules de prestige et de passion, sont evidemment plus representees que d'autres dans cette niche. Des marques telles que Ferrari, Aston Martin, Lamborghini ou encore Bugatti.
Ainsi, nous avons tous en tete des noms tels que 250 GTO, 288 GTO, F40, GT2, 959, Vanquish, EB110, Veyron, Miura, Murcielago, etc... Mais d'autres noms, moins prestigieux, sont pourtant eux aussi d'importants acteurs
de cette epopee de l'automobile de legende et n'ont pas a rougir de l'heritage historique dont ils sont responsables et qu'ils continuent d'entretenir. Ford, avec la lignee des Mustang Shelby, la GT40 ou encore la Cobra
427 en fait partie, tout comme Chevrolet qui fait vivre la legendaire Corvette depuis 1957 jusqu'a aujourd'hui avec sa Z06 et bientôt sa ZR-1. Il y a une troisieme categorie a cette liste. Des marques qui sont aujourd'hui
porteuses de passion, de fantasme, de luxe et de performances sans avoir d'heritage historique. Ainsi, Pagani ou Spyker proposent des alternatives confidentielles mais parfaitement credibles aux offres de Supercars des
constructeurs les plus celebres. Et parmi ces petits artisans avec lesquels il faut desormais compter, il y a Gumpert.
Vendredi 19 Octobre, 5h00, départ matinal de Paris, accompagné de Frédéric, pour le circuit de Bresse afin de découvrir l'une des voitures de série
la plus puissante au monde : la Gumpert Apollo. 1 100 kilos, 650 ou 700 chevaux selon les versions, 0 à 100 km/h en 3 secondes, 0 à 200 km/h en moins de 9 secondes et plus de 360 km/h de vitesse de pointe.
La voiture de tous les superlatifs. La seule automobile au monde dont les appuis aérodynamiques à vitesse maximum sont supérieurs à son propre poids... n'est-ce d'ailleurs pas là le propre d'un avion ?
Frédéric, en tant que directeur de MTM France, est convié à cette journée réservée aux clients potentiels Gumpert et me fait l'honneur de m'y inviter. Pour resituer les rapports entre Gumpert et MTM, il est
important de préciser que le V8 bi-turbo qui anime ce monstre est une version retravaillée et optimisée du moteur de l'Audi RS6. Une fois passé entre les mains des sorciers de MTM, ce moteur sort 650 chevaux pour
l' Apollo et 700 chevaux pour la Apollo S. Il est même possible de sortir 800 chevaux pour la version la plus radicale. A notre arrivée sur place, vers 9h00, l'équipe de Gumpert vient de finir de préparer la voiture.
Elle est là, devant moi. Superbe, violente, même à l'arrêt, puissante, sulfureuse, démoniaque. La couleur retenue pour le modèle d'essai de la journée est un bleu profond absolument magnifique.
Je note que l'avant de la voiture est équipé d'un film de protection transparent qui me semble effectivement indispensable.
L'aileron démesuré est entièrement en carbone ce qui contraste superbement avec la couleur de la voiture. Les portes sont ouvertes et
j'en profite pour m'extasier sur un intérieur beaucoup moins radical que je ne l'aurais supposé. Pas la moindre trace de plastique. Uniquement du carbone, de l'aluminium et de l'alcantara.
Détail amusant, le volant est démontable. C'est même une obligation pour pouvoir monter dans la voiture tellement la place est comptée. De magnifiques « Pégase », emblème de Gumpert, du même bleu que
la carrosserie, sont brodés sur les appuie-têtes. Un détail que je trouve particulièrement élégant.
Frédéric me présente tout de suite François, responsable commercial et après-vente de chez Gumpert, Karl, directeur technique et
pilote de démonstration officiel, et enfin Roland Gumpert dont la simplicité n'a d'égale que la réelle gentillesse. C'est la première chose qui saute aux yeux lorsque l'on pénètre l'univers Gumpert :
la passion qui anime chacun des employés. Rapidement, les premiers clients invités arrivent et la voiture est alors prête à sortir de son paddock. Le premier client prend place à bord de la voiture.
Moteur. C'est un son rauque, sourd, puissant, virile qui sort des échappements. Pour reculer, inutile de regarder dans le rétroviseur intérieur : il n'y en a pas. En fait, dès la marche arrière enclenchée,
c'est le GPS qui bascule en mode caméra et qui permet donc au conducteur de manoeuvrer. Comme le fait remarquer Monsieur Gumpert avec humour, cette fonction est aussi activable lorsque la voiture avance...
ce qui permet de voir la vitesse à laquelle la Gumpert distance n'importe qui !
Une fois la manoeuvre effectuée, l'Apollo s'élance sur la piste pour ses premiers tours de roues. Au volant : Karl
Rapidement, le rythme accélère. Les vitesses de passage deviennent de plus en plus élevées et les quelques Porsche qui tournent ce jour-là ne sont que des chicanes mobiles pour cette supercar.
Seule une 993 GT2 tente de suivre le rythme. Commence alors une course passionnante entre ce flat 6 mythique, ici dans son ultime version refroidie par air et dans sa configuration la plus spectaculaire et la plus « virile ».
La Porsche tente de rester dans la roue de l'Apollo et le pilote y parvient durant quelques instants... jusqu'à ce que Karl accélère encore le rythme pour voir ainsi la GT2 partir en tête à queue quelques virages plus tard !
Le client jubile et détaille avec espièglerie le calme et l'apparente simplicité avec laquelle la Gumpert s'est détachée de sa poursuivante. Mission accomplie.
Plusieurs clients vont se succéder aux côtés de Karl et ainsi profiter de l'extraordinaire coup de volant de l'homme qui a été parmi les initiateurs du projet.
A l'issue de chaque session, les termes sont les mêmes en sortant de la voiture : bonheur, fascination, excitation...
Frédéric vient alors me voir avec un casque en me disant :
« Je me suis arrangé avec Roland, met ce casque et saute dans la voiture immédiatement ». Un peu surpris par cette annonce, je proteste mollement, par pure politesse, et
Frédéric monte alors le ton pour que je saute dans la voiture le plus vite possible. Un jour comme celui-ci, les places sont chères et certainement pas offertes à tout le monde.
Je me glisse alors dans le baquet passager aux côtés de Karl, imperturbable et toujours extrêmement concentré.
Une nouvelle poignée de main, un petit clin d'oeil de sa part et c'est parti. L'équipe technique termine de me sangler, ferme les portes papillons et d'un coup, je me retrouve dans un univers confiné, entièrement dédié à la course.
L'alcantara, la radio, le GPS, la climatisation ne sont que des accessoires censés donner un côté civilisé à l'habitacle. Contact. L'écran du GPS se déploie devant moi. Amusant. La marche arrière est passée et l'écran montre alors
la vue depuis l'arrière de la Gumpert. L'un des mécaniciens bloque le passage afin de laisser sortir l'impériale et incontestée star de la journée. Point mort puis première, la voiture avance jusqu'à l'entrée de la piste.
Le feu passe au vert et là, le spectacle son et lumière commence. Le gros V8 pousse dans le dos. Fort, très fort même. Le premier virage arrive vite mais pas aussi violemment que le freinage. Les harnais sont effectivement indispensables...
Sortie de virage et pleins gaz de nouveau. Après avoir été propulsé vers le pare-brise, retenu par les harnais, je suis à présent écrasé dans le baquet. Rapidement, un nouveau freinage intervient puis une nouvelle accélération.
A ce stade, le corps peine presque à suivre tellement les contraintes d'accélération puis de décélération sont violentes et rapprochées. S'ajoutent à cela les g latéraux liés au grip extraordinaire de la voiture à chaque virage.
C'est la première fois que j'ai cette sensation paradoxale d'intense plaisir et de mal être. Intense plaisir de vivre une expérience unique, dans une voiture extraordinaire, emmenée par l'un des seuls hommes qui sache, de par son expérience,
en sortir la quintessence et mal être lié à des contraintes physiques jamais ressentie jusqu'ici malgré une bonne expérience de possesseur de d'essayeur de voitures pourtant spectaculaires !!! Mais il est évident que c'est bel et bien
l'intense plaisir qui prend le dessus et qui me donne un sourire de gamin durant les 6 tours.
A l'issue du sixième tour, Karl s'engage sur la voie de sortie de la piste et roule à bas régime en direction des stands. L'Apollo est aussi à l'aise à faible vitesse et bas régime qu'à ses limites durant les minutes qui
viennent de s'écouler. Je comprends le côté « polyvalent » mis en avant par Gumpert pour décrire une voiture avec laquelle il est possible de rouler ailleurs que sur circuit. A faible vitesse, l'ambiance n'est finalement pas
si éloignée d'une Lotus Exige. C'est-à-dire un habitacle confiné, avec un minimum d'équipements de luxe et de confort dans le seul et unique but de pouvoir aller sur circuit sans pour autant mettre la voiture sur un plateau.
Pour les plus valeureux, peut-être même aller au bureau avec de temps en temps. Pour peu que la route soit aussi plate qu'un billard...
La voiture entre paisiblement dans son box et, là encore, l'équipe technique ouvre les portes et veille à retirer mon harnais. Un grand soin est apporté à cette opération car le carbone qui m'entoure ne doit pas être rayé par
les boucles du harnais. Je remercie encore une fois Karl pour ce très grand moment passé en sa compagnie en lui serrant la main. Je laisse alors ma place à un nouveau client...
Toute la journée, la Gumpert Apollo aura encaissé des dizaines de kilomètres de contraintes mécaniques extrêmement violentes, poussée à ses limites par l'un de ses concepteurs qui en connaît le moindre recoin.
A aucun moment elle n'aura montré le moindre signe de faiblesse ! C'est aussi à cela que l'on sait que certaines voitures sont infiniment plus que des voitures, qu'elles sont d'ores et déjà des légendes. Franck Guglielmazzi
Galerie Photos Diverses
A bord de la Gumpert Apollo
Roland Gumpert et Frederic L'Huillier
Franck Guglielmazzi et Frederic L'Huilier
Karl Hasenbichler et Frederic L'Huilier
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